La Filaterie de Cormatin

La Filaterie de Cormatin

La galerie artisanale et gourmande n’a pas toujours été un haut-lieu artistique. Boucherie, tannerie et filaterie s’y sont notamment succédé. D’après les historiens locaux, l’emplacement du bâtiment de la filaterie date du Moyen-Âge, tout comme le bief, le barrage et le passage d’eau se trouvant en amont. Encore actuellement, l’eau approvisionne les douves du château de Cormatin, la roue à aube ou la turbine.

La boucherie des moines

À l’époque moyenâgeuse, cet ancien bâtiment aurait abrité la boucherie des moines de Cluny qui tuaient moutons et chevaux, non essentiellement pour se nourrir mais afin de récupérer les peaux pour en faire des parchemins. Ces moines n’étaient pas de grands amateurs de viande, mais plutôt portés sur le poisson, pêché dans les étangs de la vallée de la Grosne, nombreux à cette époque. Ces derniers ont dû être asséchés par la suite, afin d’éviter la destruction du ballaste de la nouvelle voie ferrée devenue de nos jours la voie verte.

Au cours des siècles, grâce à sa force motrice, l’espace fut utilisé comme taillanderie, fabrique de faux, lames, armes de guerre et outils agricoles tranchants, puis réaménagé – toujours autour de la chute d’eau – vers 1850 par un tanneur du nom de M. Vers. Après la tannerie, le lieu se transforma en fabrique de carton bouilli (cartables, sacoches, etc.), puis, au début du XXe siècle, en moulin à blé.

Une filaterie reconnue

Après la Première Guerre mondiale, MM. Audry et Gaulier l’ont acquis pour en faire une filaterie revendue par la suite aux Ets Burlet de Chalon-sur-Saône. Le crin brut de chevaux, ainsi que les queues de vaches et autres animaux leur arrivaient par rail en gare de Cormatin.

Après lavage, séchage, cardage et mise en écheveaux, le tout était vendu à des matelassiers pour la fabrication de coussins et matelas, ainsi qu’à des bourreliers pour la confection de colliers, selles d’animaux de trait et sièges de calèches.

À cette même période, les Chinois nattés leur vendaient leurs cheveux pour en faire des graisseurs de moyeux de roues de wagons. C’est finalement en 1978 que Roger et Henriette Chavanne ont acheté le bâtiment et installé la galerie artisanale et gourmande. Depuis, chaque année, des dizaines de milliers de touristes et locaux viennent y découvrir les plus belles réalisations d’une centaine d’artisans d’art (bijoux, tableaux, savonnerie, etc.) et producteurs locaux.

C’est en 1978 que Roger et Henriette Chavanne ont acheté le bâtiment et installé la galerie artisanale.

Article du JSL de Thérèse Roberjot (CLP) – le 16/08/2016